INFORMATIONS TECHNIQUES
| Date de sortie QUÉBEC : 18 janvier 2011 |
| Date de sortie FRANCE : 11 janvier 2011 |
| Nbre de pages : 300 |
| ISBN : 978-1-926893-26-6 |
| Type de couverture : Souple |
| Format : 21 X 14 cm |
| Catégorie : Roman Policier |
| Collection : Sang pour Sang |
| Québec : 17.95 $ |
| Europe : 18.00 € |
RÉSUMÉ
1974, dans le Nivernais – Le corps de Francis Vagenende, un photographe professionnel apparemment sans histoires, est retrouvé dans la Loire. Les premiers éléments de l’enquête indiquent sans ambiguïté qu’il a été assassiné. Le commissaire Demarçay est chargé de faire la lumière sur ce meurtre, qui va petit à petit faire remonter à la surface certains événements troubles de l’histoire de la France.
Axé sur la reconstitution d’une célèbre affaire criminelle, Le quatre-vingt-unième revisite des pages importantes de l’histoire politique française contemporaine. Du Front populaire à l’élection présidentielle faisant suite au décès de Georges Pompidou en passant par les années sombres du régime de Vichy, l’auteur entraîne le lecteur dans un récit passionnant où s’entremêlent étroitement fiction et Histoire, justice et raison d’État.
Roman policier captivant, Le quatre-vingt-unième promet de ravir les passionnés d’Histoire, d’enquête criminelle et de complot.
Extrait du livre
Le gendarme Tomasi ayant proposé à Lemarchand de le ramener sur Nevers, où lui-même devait rentrer en fin de journée, le commissaire Demarçay rejoignit seul Arbelliot à l’Hôtel de la Vieille-Loire. Ils y dinèrent ensemble, à la terrasse dominant le confluent, et d’où ils apercevaient, au-delà, les toits étagés de la vieille ville agrippée à son rocher, où des lumières apparaissaient peu à peu. Ils évitèrent un moment de parler de l’affaire. Mais une question, manifestement au-delà de l’enquête proprement dite, continuait d’obséder le commissaire, qui espérait toujours qu’Arbelliot pourrait un jour y répondre.
— Pourquoi diable, dit-il, Julien Laubresse n’a-t-il pas refait surface après la Libération ? Pourquoi s’est-il comporté, lui qui avait été un résistant, et une victime, comme s’il avait été du côté des coupables ?
— C’est une vraie question, j’en suis d’accord avec vous, dit Arbelliot. Je vous avoue que je ne me l’explique pas, moi non plus, d’autant qu’il n’a plus donné signe de vie à personne, du moins à ma connaissance. Sans doute qu’après avoir tourné une fois la page, il n’a pas pu, pas su, ou pas voulu la tourner dans l’autre sens.
— Il avait pourtant des comptes à régler…
— Bien sûr. J’imagine que ce qui est arrivé d’autre dans sa vie l’y a fait renoncer. Que cela valait davantage à ses yeux…
— Pardonnez-moi, mais je vous ai entendu, ce matin, quand nous étions chez Vagenende, murmurer quelque chose comme « Je crois que je commence à comprendre ». Que vouliez-vous dire ?
— Oh ! Rien de très précis, en fait. Tout ça est très confus dans mon esprit. Simplement, en regardant ces belles photos d’oiseaux, je crois que j’ai commencé à réaliser que l’explication que nous cherchons n’est pas de l’ordre du rationnel. J’ai l’impression maintenant que jamais nous n’arriverons à pouvoir dire : « Julien Laubresse, au moment de la Libération, A DÉCIDÉ DE… ; et ce qu’il a fait, il l’a fait PARCE QUE… » Nous n’en saurons jamais assez pour cela. Pour lui, comme pour n’importe qui d’autre. Vous savez, dans la vie d’un être humain, il y a des enchaînements de circonstances, de causes et d’effets, qui permettent d’expliquer le pourquoi et le comment des choses. Et puis il y a tout le reste, tout ce qui n’est pas rationnel, justement, et qui ne peut se réduire à un syllogisme. Le mystère insondable des êtres, si vous voulez… C’est peut-être pompeux à dire, mais ça existe.
— Peut-être, peut-être… Mais ça, ça relève de la philosophie. Et malheureusement, la philosophie ne figure pas parmi les accessoires de la police.
— C’est bien dommage. Consolez-vous en vous disant que ce n’est pas le mystère du non-retour de Julien Laubresse que vous devez élucider, mais celui de la mort de Francis Vagenende. Et là, vous aurez sûrement une explication rationnelle à fournir.
— J’espère bien. Et d’ailleurs, nous n’en sommes peut-être plus très loin. L’ennui, c’est que tout se tient…
À PROPOS DE L'AUTEUR
Éric Vingtras appartient au monde parisien de l'édition, où il a fait toute sa carrière, s'intéressant en particulier au domaine du cinéma. Le quatre-vingt-unième est son premier roman.